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Synopsis d’un exercice d’improvisation

par Bocquet Morgane

Ce trimestre, nous avons décidé d’écrire le synopsis d’un exercice d’improvisation en rapport avec la pièce Le langue-à-langue des chiens de roche, en particulier les scènes qui ont été coupées. Nous avons finalement choisi de représenter une partie d’une party rage organisée par Coyote.

Synopsis

Mise en scène personnelle d’une ellipse de la pièce qui correspond au party rage organisé par Coyote.

“Au beau milieu de la nuit sauvage, les corps s’entremêlaient en un délicieux orchestre près de la rive. Le silence s’installe enfin. Seuls les halètements derrière la petite haie de fruits pas mangeables étaient perceptibles. Puis le calme revint. Au loin, les ombres dansaient à la lueur du feu tandis que Coyote hurlait le prénom de Charles. Ce dernier, étant trop préoccupé par ses ébats avec la jeune vierge Murielle, n’avait pas entendu les sirènes retentir au loin qui s’approchaient de plus en plus près.

Il eut, pendant un cours moment, de l’agitation. Les âmes, perdues dans la béatitude de leurs conditions, retrouvèrent leurs corps, inhabités sous l’emprise du plaisir charnel. Suite à ce vacarme infernal, la rive fut aussitôt désertée. Coyote était revenu des toilettes publiques, son petit coin de paradis et venait tout juste de réaliser qu’il avait perdu l’intégralité de son matériel et de son amour. Il cherchait du regard une âme qui puisse encore vivre et la manipuler à sa guise, mais il était trop tard….

Quelques instants plus tard, Emmanuel et son fils, tous deux pécheurs venaient de débarquer sur la rive, les mains vides. Coyote s’était abandonné à la contemplation du lever de soleil jusqu’à ce qu’il soit aussi haut que lui dans le ciel. Puis Emmanuel le secoua, persuadé qu’il se trouvait face à un corps sans vie. Coyote suffoqua de douleur et l’envoya balader. Emmanuel, comme le reste de l’île, connaissait très bien Coyote, non pas personnellement mais du moins les rumeurs qui le concernaient.

Pour autant, Emmanuel éprouvait une certaine pitié à l’égard de cet homme, mis un peu à l’écart de tous les habitants de l’île à part de rares individus. Pris d’empathie, il l’aida à se relever et commença une discussion jusqu’à ce que le soleil se couche. Emmanuel venait de découvrir un nouveau Coyote, sobre et franc, s’exprimant avec délicatesse. Cette conversation permit à Coyote de confirmer ce qu’il savait sur les pêcheurs : c’est à dire pas grand-chose. Pourtant, il avait le cœur un peu plus léger, allez savoir pourquoi...”

Le lien d’accès à la vidéo est le suivant : http://www.youtube.com/watch?v=itCU...

Analyse de la mise en scène

Pour donner une approche concrète de la scène sans être happé par la complexité de l’intrigue, le mieux est de se concentrer sur un des éléments caractéristiques de la pièce : le party rage. L’idée que nous nous faisions sur cette occasion « festive » offrait moult interprétations scéniques. Le fait que ces événements restent dans l’ombre à l’occasion de la pièce proprement dite nous incitâmes à saisir l’opportunité de les mettre en scène si j’ose dire.

Bien sûr, le contenu délicat constitue peut-être un obstacle à notre projet, susceptible d’être critiqué, surtout par la nature de la brutalité et de la volupté de ce qui se révélerait à nos yeux, une nature crue et sauvage, enfouie en chacun de nous.

Le groupe étant plus à l’aise pour travailler sur des scènes filmées après quelques essais, cela nous mena tout naturellement à réfléchir sur le lieu du tournage. Il était plus cohérent de filmer près du Fleuve Rouge, sur la rive où Coyote, un des personnages de la pièce, rassemble ses compagnons pour une nuit vouée à l’oubli.

Sans se douter de la difficulté que cela représenterait une fois arrivés là-bas, nous avons opté pour une scène nocturne. L’obscurité permettant une plus grande liberté d’action, elle rendait toutefois le tournage plus difficile et compliqué lorsque la seule source de lumière doit provenir d’un petit feu. Il n’a pas duré longtemps et nous avions besoin de bois en quantité conséquente.

Seul problème, le manque de luminosité rendait les choses plus compliquées. Bien heureusement, les appareils électroniques dont les autres étaient dotés suffisait « largement » à éclairer les lieux. À 22 heures passées, il était difficile de faire mieux, surtout dans un petit coin de nature. Il faut avoir été scout pour sentir de nouveau les souvenirs affluer autour de ce petit feu, en compagnie de ses camarades de camp. Hélas, qui peut échapper au désenchantement lorsqu’un de ces mêmes amis vous disent de vous dépêcher d’allumer le feu en vous tendant un briquet car il fait relativement froid et que les autres ont envie de manger ou de s’en aller ?

Dans ce méli-mélo de silhouettes en mouvement, nous avions pris l’initiative de filmer les scènes « sur le moment » quand l’ambiance concordait avec nos attentes. Il n’a pas fallu un long moment avant que tout le monde s’installe et jouisse du moment présent. Nous nous amusions avec les joujoux lumineux que nous avons emporté pour rajouter une dose de féerie dans les séquences filmées. La lumière et le mouvement correspondaient aux pièces centrales de cette partie de la vidéo. En effet, nous voulions représenter les âmes perdues des « rageurs » dans les ténèbres de leurs vies telles des lucioles dans la nuit.

D’ailleurs, la musique instrumentale marche à merveille dans la mesure où elle instaure très vite une dimension mystique un peu « sauvage ». La combinaison de tout cela recrée la conception de la pièce que nous avions depuis le début de nos répétitions. Une image tribale mais poétique des personnages.

En ce moment, nous avons décidé de reporter la scène à l’aube un peu plus tard, lorsque les conditions idéales - ainsi que tous les acteurs - seront réunis. La production a abouti vers la création d’une petite bande-annonce que nous allons soumettre au site très bientôt afin de faire plus de publicité sur notre spectacle en fin mars. J’espère qu’elle sera très appréciée et nous attendons impatiemment le jour J.

Brewen, Margot, Valentin et Morgane.