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Sortie SVT des 6es à Cuc Phuong (suite n°1)

Compte-rendu de la sortie

par GARNIER Vincent

Le parc national naturel de Cuc Phuong présente de nombreux sites et ceux que nous avons explorés sont la forêt primaire, une grotte préhistorique, un jardin botanique, un musée d’Histoire Naturelle, un centre de sauvetage des primates et un centre de protection des tortues.
Chacun des trois groupes (6es A, B et C) a visité ces sites en trois demi-journées avec un encadrant responsable différent à chaque fois.
Il était prévu pour les élèves, de travailler à l’aide d’un « carnet de l’explorateur » et à l’aide des différents outils :

  • consoles VTT permettant la mesure des conditions de vie dans différents milieux (thermomètre pour la température, luxmètre pour la luminosité, hygromètre pour l’humidité).
  • filets à papillon confectionnés par les gardiens du lycée ( MM. Nam et Thien) avec l’aide de M. Pascal Bernard, intendant.
  • boîtes-loupes aimablement prêtées par les enseignants du primaire.
  • aspirateurs à insectes.
  • appareils photos (facultatifs car non fournis par l’établissement).
  • des cadres en bois également confectionnés par MM. Nam et Thien de 50x50 cm servant à estimer la biodiversité sur une surface restreinte afin d’estimer l’abondance de divers groupes d’êtres vivants.

Dès notre arrivée le mercredi 15 avril en fin d’après-midi, les découvertes aux abords de l’hôtel, parfois assez étonnantes, ont été nombreuses : mantes religieuses, sauterelles géantes avec une paire d’ailes en forme de feuilles, guêpe rouge en train de fabriquer son nid, papillons, longicornes, phasmes …
Le séjour ne pouvait pas mieux commencer.

 La forêt primaire :

La sortie en forêt primaire consistait en un parcours balisé, avec un guide bien sûr, d’environ 7 km avec parfois des portions de chemin en côte. Bien qu’il ne soit pas permis de sortir des sentiers battus, nous avons fait de belles observations : arbres majestueux avec des plantes épiphytes (qui poussent sur les arbres, comme les orchidées par exemple), bambous courbés, insectes, fleurs, champignons et bois en décomposition...
Le parcours était un peu difficile, il faut le reconnaître, surtout en fin de séjour. A réajuster la prochaine fois.

 La grotte préhistorique et le jardin botanique :

  • La grotte préhistorique présentait un intérêt car les conditions de vie sont très différentes des autres sites et donc la biodiversité devait également être différente.
    Malgré l’absence de luminosité, nous avons tout de même rencontré quelques êtres vivants tels que : une sauterelle cavernicole, un scolopendre, une araignée et même une chauve-souris. Ces dernières étaient plus nombreuses auparavant nous a indiqué le guide mais l’ouverture au public les a fait partir. Cela montre bien l’influence de l’être humain sur le peuplement d’un milieu.
    A noter que dans cette grotte ont été retrouvés des ossements humains datés à environ – 7500 ans avec de nombreux outils en pierre taillée exposés au musée, un fossile de tortue dont un moulage est exposé au musée également. Des fossiles de mollusques sont aussi visibles directement dans la paroi de la grotte.
  • Le jardin botanique est un espace traversé par une étroite route bétonnée d’environ 2 km de long, bordée de part et d’autre d’arbres plantés mais le tout est depuis laissé tel quel.
    La biodiversité y est très abondante, et nous avons pu capturer et observer de nombreux insectes (araignées, papillons, termites et termitières impressionnantes), observer de nombreuses fleurs.
    La météo était agréable et le temps passé sur ce site également.

 Musée, centre de sauvetage des primates, centre de protection des tortues.

  • le musée présente un intérêt quant à la démarche scientifique dans le but de connaître la biodiversité et de transmettre ces connaissances. On y a découvert différentes manières de conserver les animaux, les végétaux , les champignons, ... afin de les préserver de la décomposition.
    Ainsi, les élèves ont pu découvrir de belles collections d’insectes, des vertébrés empaillés, ou même conservés dans des bocaux de formol. Ces différentes techniques ont pu parfois impressionner mais ont incité les élèves à s’interroger sur l’intérêt de telles techniques, et peut-être y a-t-il aujourd’hui d’autres technologies comme la photographie numérique par exemple, pour atteindre les mêmes objectifs.
    A noter que l’herbier du musée n’était pas accessible au public car les échantillons sont conservés dans une salle climatisée afin d’éviter la décomposition active sous un tel climat subtropical.
  • Le centre de sauvetage des primates est un endroit qui ne laisse pas indifférent. Les primates récupérés par ce centre sont pour la plupart issus du braconnage. Cela permettait donc encore une fois aux élèves de s’interroger sur l’influence de l’Homme sur les peuplements.
    Le centre fonctionne notamment avec la coopération de parcs zoologiques de différentes régions du monde, qui sont présentés à l’entrée.
    La proche parenté évolutive des primates avec l’être humain les rend touchants et l’accent était mis sur l’étude de leur comportement. Nous avons pu admirer leur grande agilité, leurs relations avec leur progéniture, leurs expressions parfois très humaines comme en témoignent les photos prises par M. François Carlet-Soulages, le photographe professionnel qui nous accompagnait (voir le portfolio ci-après).
    L’une des responsables (volontaire) du centre confectionnait des jeux en bambou, afin de stimuler la grande intelligence de ces singes, qui peuvent parfois mal supporter la captivité.
    Après un séjour en cage et une fois en bonne santé, les singes accèdent à un espace de semi-liberté avant d’être relâchés dans la nature. Le centre a connu de nombreuses naissances.
  • le centre de protection des tortues est plus petit et assez récent. Les tortues sont également braconnées et certaines espèces en danger ou en voie d’extinction. Ce centre cherche donc à faire reproduire différentes espèces, en utilisant des couveuses dont la température varie. En effet, comme chez les crocodiles, la température de l’œuf détermine le sexe de l’individu à naître.
    En classe, nous avions aussi abordé le cas de tortues « red-eye » importées de Floride pour être des animaux de compagnie, qui parfois sont relâchés dans la nature, entrant ainsi en compétition avec des espèces naturelles, et contribuant parfois à les faire disparaître.

Le jeudi 16 avril au soir, nous avons également fêté l’anniversaire de David Duc Cuvelier. Les responsables du centre nous ont trouvé un joli gâteau et ont fait un grand feu de camp près de l’hôtel.
L’ambiance était donc festive et la bonne humeur partagée par tout le monde.

Ce séjour aura donc permis aux élèves de comprendre que l’être humain peut avoir une influence négative sur la biodiversité, mais aussi positive à travers les actions mises en place au niveau local et sociétal.
Au vu de l’enthousiasme de la plupart des élèves, la très riche biodiversité vietnamienne nous a tous émerveillés, et ce malgré les quelques signes de fatigue sur le chemin du retour.

Les données récoltées seront conservées afin d’essayer de mettre un nom (le plus précis possible mais pour cela il faudra faire appel à des spécialistes) sur les êtres vivants rencontrés. Ce travail pouvant être fait sur plusieurs années et selon l’évolution du projet dans les années à venir.
Un immense merci à toutes les personnes ayant participé à ce projet.

Ci-après en portfolio, le photo-reportage de M. François Carlet-Soulages.

Portfolio