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Réécriture d’une scène de Funérailles d’Hiver

L’annonce de la mort de la vielle tante Alté par Latshek Bobitshek dans le style de Roberto Zucco.

par TRAN Hong Hai

LATSHEK- Ouvre-moi ! (Latshek frappe trois coups sec et part)

SHRATZIA- Même s’il est parti, il reviendra, je connais le genre. Ce type, tu veux dormir – il est devant ta porte. Tu entres dans la salle de bain – il est devant ta porte. Tu t’attables pour manger – il est devant ta porte. La moitié de sa vie, il la passe devant les portes. Elle aussi, la vieille, puisse-t-elle reposer au paradis, n’a jamais raté une occasion de frapper à une porte.

Des coups heurtent la porte d’une façon si violente qu’elle faillit céder. Un temps. Shratzia retint son souffle et prenant ses courages à deux mains jette un coup d’œil par le trou de la serrure, et voit l’œil de Latshek de l’autre côté.

LATSHEK- (Frappant la porte de toutes ses forces) Ouvrez-moi ! Cousine Shratzia, cousin Rashèss ! (un temps. Sa voix perdait peu à peu sa rage en parlant de sa mère) J’ai tué ma mère, il y a deux heures. J’ai besoin de me cacher, ils sont après moi. Je n’ai que vous, je ne vous aurais pas dérangés au milieu de la nuit, surtout pas au milieu de la nuit si ce n’était que maman… Mais papa aussi est mort. (Prenant une voix rauque) Je vous ai tout dit, maintenant ouvrez-moi ! Vous ne trouvez pas que c’est grave ?

Shratzia et Rashèss se recroquevillent de peur tout tremblant. Shratzia essaye de prendre une voix calme et lui répond.

SHRATZIA- Oui c’est grave mais comprends-nous… c’est que l’on a peur que tu nous tues à notre tour. Remarque, nous avons aussi un événement très important prévu de longue date, un grand jour, un jour unique, historique, pour lequel nous aurons besoin de toutes nos ressources, de toute notre sensibilité et de tous nos membres. Et on n’a pas besoin d’un sale rat comme toi ! Parce que demain, nous marions notre fille Vélvétsia !

TSITSKEVA- Avec notre fils Popotshenko !

Shratzia se penche à nouveau pour regarder par le trou de la serrure, tous se penchent avec elle. A cet instant apparaît Latshek derrière une fenêtre derrière eux. Latshek brise les carreaux de la fenêtre avec le pommeau de son couteau.

LATSHEK- Vous voilà ! Tous ! Déjà prêts, têtes baissées, pour m’ouvrir !
Latshek saute sur le tas et en attrape une par hasard et tombe sur Shratzia. Les autres se sont vite enfuis par la porte pour sauver leur âme.

SHRATZIA- Lâche-moi, Bobitshek ! Espèce de mouche à merde !

LATSHEK- Mais je n’ai jamais voulu te faire du mal, ma chère Shratzia.

SHRATZIA- Je pourrais volontiers t’ouvrir la porte mais…

LATSHEK- Mais quoi ?!

SHRATZIA- Mais demain je marie ma fille Vélvétsia.

LATSHEK- Oui bien sûr ! Le mariage ! De ta fille ! Vélvétsia ! (un temps) C’est que maman est quand même morte.

SHRATZIA- Et tout ça à cause de qui ? D’un imbécile comme toi !

Des sirènes de la police retentissent au loin, Latshek fuit la maison et court vers le soleil