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Réécriture d’une pièce de Roberto Zucco

-* par : Maxime CLAUDEL, Hong Hai TRAN, Benoît KESSLER, Léo TESSIER

par TRAN Hong Hai

Tableau I

Deux gardiens un peu louches sont assis sur un banc dans une prison. La nuit est tombé depuis longtemps, la fatigue commence à se faire ressentir.

Premier gardien - J’ai l’impression d’entendre des bruits. Tu n’entends rien ?
Deuxième gardien - Bof, non.
Premier gardien - Mais si, écoute !
Deuxième gardien - Moi je n’entend rien.
Premier gardien - Je ne sais pas d’où ça venait mais je suis sûr d’avoir entendu quelque chose, un tout petit bruit.
Deuxième gardien - Mouais, ça doit être le réfrigérateur d’en bas…
Premier gardien - Quoi ? On est dans une prison avec des centaines de criminels et quand je te dis que j’entends un bruit tu pense que c’est un réfrigérateur ?
Deuxième gardien - Il n’y a pas de quoi s’affoler, cette prison est extrêmement bien conçu, personne ne peux s’en échapper. Personne.
Premier gardien - Ah bon ? Et pourquoi on est payé pour faire notre boulot si il n’y a aucune chance de s’évader. On nous donne de l’argent pour rester planté sur banc pendant la nuit ?
Deuxième gardien - Mais non, enfin euh…
Premier gardien - Parfois je me demande vraiment à quoi on sert, mais les petits bruit comme ça dans l’ombre, ça me fiche la trouille moi.
Deuxième gardien - Tu as peut-être eu l’idée d’entendre quelque chose.
Premier gardien - L’idée ? Comment veux tu avoir l’idée d’entendre.
Deuxième gardien - Et bien des fois, quand je suis vraiment crevé ça m’arrive d’entendre des choses, des bruits… mais en fait, ils n’existent pas vraiment. C’est un peu comme si ton esprit créait des sons et que tu étais le seul à les entendre.
Premier gardien - Comme des hallucinations, ce que tu me dis ne me rassure pas du tout, je n’aime pas ces histoires, et puis ce genre d’idées je n’y croit pas beaucoup
Deuxième gardien - Oh arrête de flipper, je t’ai déjà dit, cette prison a été pensée par les meilleurs ingénieurs de toute l’Europe. Les technologies utilisés sont bien trop avancées pour que des hommes sans aucun outil ne puissent les détourner. Pour sortir, il faudrait déjà casser la porte de la cellule, puis viens ensuite une série de grilles et barreaux de plus en plus fins. Il faudrait être plus petit qu’un rat pour passer à travers les derniers barreaux et un homme qui a tué ne peux pas être petit et fin. Il doit être massif, épais, fort si ce n’est pas dans son caractère que l’on reconnais un meurtrier, c’est dans son corps. Ils ne sont pas comme toi et moi.
Premier gardien - Je viens d’entendre encore le même bruit, je suis sûr que ça n’est pas une hallucination, ça ne vient pas de moi. Et on ne voit rien ici, il n’y a aucune lumière.
Deuxième gardien - Arrête tu commence à me faire peur avec tes conneries.

On commence à voir des ombres se balader sur les toits.

Premier gardien - Je crois que j’ai aperçu une ombre au loin par là-bas.
Deuxième gardien - C’est impossible !
Premier gardien - Mais si, je te dis que je viens de voir quelque chose, j’en suis sûr !
Deuxième gardien - Voir, apercevoir, percevoir, constater, remarquer sont des mots qui veulent dire la même chose, t’as quoi comme idée encore ?

On voit de plus en plus d’ombres sur les toits de la prison. Mais le deuxième gardien reste sceptique.

Premier gardien - Ahh ! Mais tu ne vois pas toutes ces ombres ?! Regarde bon sens je ne rêve pas.
Deuxième gardien (en essayant de se rassurer) - Attends, calme toi, c’est peux être ton esprit qui te joue des tours après toutes ces heures à rester éveillé.
Premier gardien - Ou peut-être pas, c’est peut-être une vraie évasion ! Ahh ! Tu m’a embrouillé avec tes histoires d’hallucinations, je ne sais plus quoi penser maintenant !

Les ombres se font de plus en plus nettes.

Deuxième gardien - Oh mon dieu, je viens de le voir, ce n’est vraiment pas une hallucination, c’est une évasion !
Premier gardien - Vite ! Sonnes l’alarme !

L’alarme se fait retentir et la prison entière se réveille dans une panique générale.