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Quatrième séance du Ciné club : Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry.

par LE BADEZET Philippe

Le Ciné club change son fusil d’épaule et s’en retourne aux Amériques. Nouvelle cible : les trouvailles sentimentalo-baroques de Michel Gondry.
Film : Eternal Sunshine of the Spotless Mind, 2004, 108 minutes.
Séance : le mardi 16 décembre à 16h45, salle à déterminer.

« Gadget narratif : une invention futuriste à même de vous rendre étranger à la personne de votre choix, du jour au lendemain. Par un carton trouvé dans sa boîte aux lettres, Joel apprend ainsi que sa compagne, Clementine (Kate Winslet), vient de le faire effacer de sa mémoire et qu’il est invité à ne plus entrer en contact avec elle. Pour surmonter la trahison de Clementine et le manque, Joel décide de se faire à son tour désintoxiquer de son ex. Le plus gros du film relate la nuit où les techniciens de Lacuna (la société exploitante du fameux philtre d’oubli) s’activent autour de son corps endormi, relié par un gros casque de coiffeur high-tech aux ordinateurs effaceurs de souvenirs. Gondry joue ainsi sur deux niveaux interactifs : à la surface du sommeil et dans les profondeurs d’un cerveau. Sous le crâne du patient, c’est la tempête, le tourbillon de la vie, mais à l’envers : la machine dévide à rebours le roman de Joel et Clementine. Si lui est un vrai taciturne, elle est une fausse fofolle, qui contient son angoisse sous une fantaisie un peu forcée, alternant les couleurs de cheveux les plus criardes, multipliant les mines et les pantomimes. Les premières réminiscences correspondent aux derniers moments partagés, sous le signe de l’usure et de l’exaspération mutuelle : Joel et Clem ressemblent à l’un de ces couples de « morts dînants » qui leur faisaient horreur au restau. Puis viennent les souvenirs antérieurs, plus ardents, jusqu’à la première rencontre sur une plage près de New York ¬ moment-clé où Kate Winslet et Jim Carrey deviennent pour de bon une paire d’humains lambda et touchants, donc un vrai couple de cinéma. Compressions, dilatations et télescopages spatio-temporels à foison... Avec une imagination visuelle variée, Michel Gondry convertit en saynète concrète chaque mouvement intérieur de Joel, et notamment celui que la technique n’avait pas prévu : son refus obstiné d’oublier Clementine. Pendant ce temps, les techniciens de service trompent la routine de leur job en improvisant, à l’insu de leur patron, une petite party d’étudiants attardés : bibine, trampoline sur le lit de Joel et sous-vêtements à l’air. Fort d’une distribution rutilante, de ses trouvailles plastiques et de sa construction astucieuse, le film est déjà un beau bric-à-brac, mode et moderne ¬ sans parler de la reprise d’un tube des Korgis par Beck sur la BO. Mais pour les cœurs de midinette, il y a davantage : une petite lame de fond pop et élégiaque, elle aussi échappée du clip et de la chanson romantique. Comme cette dernière, le film distille une croyance naïve dans la vérité et la pérennité des sentiments, envers et contre tout. » (Source : Terema.fr)