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Quatrième étape du Ciné club : Sweet sixteen de Ken Loach

par LE BADEZET Philippe

Notre tour du monde en 10 films se poursuit. Après la comédie au Japon, le drame en Nouvelle-Zélande et le fantastique aux Etats-Unis, nous aborderons le cinéma social engagé en Angleterre.

Quatrième étape : le lundi 27 janvier à 16h45 en salle 403.

Quatrième film : Sweet sixteen de Ken Loach, 2002. Durée : 106 min.

« Banlieue écossaise grise et détrempée, barres d’immeubles délabrés, terrains de plus en plus vagues. La météo sociale est sans espoir d’éclaircie. Depuis Kes, en 1969, il pleut toujours des pierres sur le cinéma de Ken Loach, qui installe son nouvel opus sur le même territoire sinistré, entre misère et béton pur. Liam a bientôt 16 ans, une jolie caboche gouailleuse déjà marquée d’enfant trop vieux pour son âge et une famille dévastée. Maman en prison, beau-père dealer, minable et brutal, sœur à peine sortie de l’adolescence et déjà mère, qui tente de s’en sortir toute seule. Vif et futé, Liam est lui aussi obsédé par la reconquête d’un foyer, et surtout de cette mère flottante, absente, paumée, qui a tout lâché depuis longtemps. Cet amour inconditionnel pour une ombre de femme, cet œdipe mal taillé, trop grand, trop large, que le beau-père se charge de soigner à coups de poing, est au cœur du récit, moteur furieux et emballé d’une course éperdue, perdue d’avance. Pour sa mère, pour lui bricoler un avenir, lui trouver un peu d’argent, un toit, Liam est prêt à tout, même à se frotter aux truands du voisinage, même à risquer sa fragile existence.

La chronique, intime et sociale, est douloureuse, violente, mais rythmée, souvent drôle, comme une chanson réaliste qui prendrait sa source et sa force dans chaque respiration. Même coincée dans le béton, même au fond des foyers minables pour semi-délinquants juvéniles et au matin de mauvais coups qui laissent la gueule en sang, la vie reprend rageusement ses droits, dans un sourire, une insulte bien sentie en sabir écossais ou l’esquisse d’un geste tendre. »

Source : telerama.fr