Accueil > Vie Scolaire > Autres rubriques > Santé et citoyenneté > Mon enfant passe beaucoup de temps à jouer aux jeux vidéo

Mon enfant passe beaucoup de temps à jouer aux jeux vidéo

Est-ce grave ?

par LEQUEUX Brice

L’importance croissante des jeux vidéo dans la vie des jeunes et de leur famille
• Aujourd’hui la console de jeu emboîte le pas à la Télé dans les foyers avec 88% des enfants de 9 à 17 ans qui possèdent une console de jeux et 65% un téléphone mobile.
• La moitié des garçons de 15-17 ans déclare jouer la nuit en cachette.
• Pour plus d’1 enfant sur 4 le temps passé à jouer aux jeux vidéo est un sujet de dispute important avec ses parents.
• Presque 1/3 des jeunes pensent que leur vie serait plus ennuyeuse sans les jeux vidéo.

L’augmentation du temps passé devant les jeux vidéo, que ce soit à la maison ou à l’extérieur, est naturellement une source d’inquiétude pour les parents.

Il est néanmoins important de préciser qu’aucune étude scientifique ne permet à ce jour d’affirmer qu’il existe une addiction aux jeux vidéo ou à Internet. Le fait qu’un enfant puisse présenter de l’angoisse, de la nervosité ou de l’irritabilité lorsque l’on lui retire son PC ou sa console n’est pas preuve d’addiction dans la mesure où ce terme implique les dimensions de du syndrome de sevrage et du risque de rechute absents des pratiques excessives d’écrans. On parle plutôt de « pratiques excessives ».

Pour autant, déclarer qu’il n’y a pas de risque d’addiction ne revient pas à sous-estimer les usages excessifs et abusifs.

L’isolement devant les écrans devient problématique s’il n’est pas utilisé pour trouver plaisir, comme les activités distractives normales, mais pour fuir un déplaisir.
Il peut exister trois causes à cette consommation excessive :

  • La dépression : certains enfants « dépressifs » auront ainsi tendance à se réfugier dans ces jeux, car ils préfèrent privilégier un plaisir immédiat plutôt qu’un plaisir sur le long terme (apprentissage d’un sport ou d’un instrument de musique).
  • L’anxiété : les enfants « anxieux » vont trouver avec les jeux vidéo une échappatoire par rapport à leur quotidien stressant (scolarité, problème de famille).
  • La mésestime : certains enfants, au moment de l’adolescence, peuvent avoir un manque d’estime ou de confiance en soi. L’origine de cette tendance se situe dans le décalage entre ce que l’adolescent souhaiterait être, et ce qu’il est réellement. Si, dans certains cas, cette situation peut être un moteur pour changer de comportement, dans d’autres cela peut conduire l’adolescent à se replier sur lui-même. L’adolescent sera alors tenté de se projeter en dehors du monde réel, vers un idéal où les règles sont différentes et où il est reconnu.

Dans tous les cas, les jeux vidéo ne sont pas une solution aux problèmes que vit votre enfant mais leur consommation excessive est plutôt le signe d’une détresse. Il peut être alors nécessaire de consulter un médecin ou un psychologue si la situation vous dépasse.

Afin de savoir si la pratique de votre enfant est excessive et risquée, posez-vous l’une de ces quatre questions :

  1. le jeu vidéo est-il l’unique source de plaisir dans sa vie ?
  2. est-il impossible de réduire son utilisation, voire de se passer, des jeux vidéo ?
  3. le temps passer sur les jeux a-t-il une influence sur les résultats scolaires ?
  4. est-ce qu’il ne voit plus et ne sort plus avec ses amis ?
    S’il y a au moins une réponse positive, la pratique actuelle des jeux vidéo est risquée.

A contrario, certaines pratiques excessives peuvent enrichir la vie de votre enfant. C’est le cas du choix d’un jeu qui associe des interactions psycho-sensori-motrices et des interactions plus complexes, notamment narratives ou d’un jeu qui permet une socialisation à travers les mondes virtuels, sachant que sa caractéristique est de privilégier les rencontres avec des personnes partageant à un très haut degré les mêmes centres d’intérêts.

S’il n’y a pas de conséquences négatives durables sur la vie de l’enfant (absentéisme et/ou échec scolaire et retrait social), il est impossible de parler de pathologie. Si votre enfant joue beaucoup aux jeux vidéo mais qu’il continue à voir ses copains, à pratiquer son sport favori et à travailler normalement il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Sources :