Accueil > Événements > Conference « Nuit des Idées à Hanoi »Le Bien et le Mal" le 18.01.2017 – (...)

Conference « Nuit des Idées à Hanoi »Le Bien et le Mal" le 18.01.2017 – 19h00

par ORHAN Pauline

L’Institut français de Hanoi et les éditions Nha Nam vous convient à la 1re Nuit des Idées au Vietnam et invitent penseurs, artistes et écrivains à exposer leurs points de vue sur la question du Bien et du Mal pour en débattre avec vous.

La table ronde aura lieu le Mercredi 18 janvier à 19h
À l’auditorium de l’Institut Français de Hanoi – L’Espace
24, Trang Tien, Hanoi
Animation : Manuel BENGOECHEA, docteur ès lettres
L’évènement sera en traduction simultanée français-vietnamien

Présentation de l’événement :

Durant la deuxième moitié de janvier, les Instituts français du monde entier proposent une Nuit des Idées : un moment d’écoute et de discussion en compagnie de penseurs, scientifiques, artistes etc., afin de participer au débat planétaire sur les questions qui meuvent et émeuvent nos sociétés contemporaines. L’ensemble de ces manifestations seront toutes en libre accès sur le site internet : https://www.lanuitdesidees.com.

L’Institut français de Hanoi et les éditions Nha Nam invitent pour l’occasion M. Colas Duflo, agrégé de philosophie, professeur à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense ; Dang Hoang Giang, auteur, activiste social ; Ta Huy Long, peintre – illustrateur (Editions Kim Dong) ainsi que M. Tran Ngoc Hieu, docteur en littérature et professeur à l’École normale supérieure de Hanoï. Chacun nous présentera comment la question du Bien et du Mal traverse son activité, son oeuvre et son travail.

Le Bien et le Mal. Le Bien ou le Mal. Est-ce une alternative dans la vie des Hommes et des Femmes ? Pouvons-nous choisir d’être bons ou mauvais ? Qu’est-ce qu’être bon et qu’être mauvais ? Est-ce une question à laquelle les époques et les lieux répondent de manière différente ? Ne possédons-nous pas en nous toutes les possibilités ou bien la société dans laquelle nous nous formons, nous les inculque-t-elle ?

Les modes et les nouvelles habitudes contemporaines apportent des biens et des maux, des améliorations et des conséquences négatives dans nos vies quotidiennes. Comment les identifier et s’en premunir ?

Comment décrire le bien et le mal, le raconter, le mettre en mots ? La littérature a-telle le pouvoir ou le devoir de dire le Mal, de le décrire, de le dénoncer ? Et par quels moyens ?

Comment explique-t-on le Bien et le Mal aux enfants ? Comment le leur raconte-t-on ? Comment le leur illustre-t-on ? Comment le représenter avec formes et couleurs ? Comment le peindre ?

Présentation des intervenants :

• Colas Duflo, professeur de littérature française à l’Université de Paris- Nanterre.

Il dirige l’équipe Litt&Phi (Littérature et Philosophie) au sein du CSLF (Centres des sciences des littératures de langue française). Spécialiste du dix-huitième siècle, il s’intéresse aux rapports entre philosophie et roman, à Diderot et à Bernardin de Saint- Pierre. Publications récentes : Les Aventures de Sophie. La philosophie dans le roman au XVIIIe siècle (Paris, CNRS éditions, 2013, 290 p.), Diderot. Du matérialisme à la politique (Paris, CNRS éditions, 2013, 240 p.) et Diderot philosophe (Paris, Honoré Champion, [2003] nouvelle éd. 2013, coll. « Champion classiques », 544 p.).

« La question du Bien et du Mal dans la littérature et les arts : Il n’y a pas de Bien et de Mal en soi ou par rapport à Dieu, mais seulement relativement à nous, à notre bien-être ou à notre mal-être, à l’état de la société dans laquelle nous vivons. Cette thèse « relativiste » sur le bien et le mal est clairement formulée par Spinoza au milieu du dix-septième siècle. J’aimerais montrer avec quelques exemples comment elle est diffusée dans le public qui lit au dix-huitième siècle par les textes philosophiques (comme l’Encyclopédie) mais aussi par les romans. On assiste ainsi au dix-huitième siècle à une sécularisation de la morale et à une laïcisation des débats moraux, qui est la marque même des Lumières et qui passe autant dans la littérature que dans la philosophie. C’est de cette sécularisation, telle qu’elle s’opère dans la deuxième moitié du dix-huitième, que nous avons hérité aujourd’hui. »

• Đặng Hoàng Giang, auteur, activiste social

Chroniqueur et activiste social comme il se présente, M. Giang a étudié et vécu 20 ans entre l’Allemagne (études de cybernétique) et l’Autriche (thèse en développement économique). De retour au pays, il travaille pour le Centre de recherche sur le développement et le soutien social (CECODES / http://cecodes.org). Il en est aujourd’hui le vice-directeur. Ce centre de recherche et de consultance travaille dans les domaines de l’entreprenariat social, de la gouvernance, de la société civile et de la transparence politique. Son travail de journaliste chroniqueur poursuit celle de chercheur car il y aborde les problèmes généraux de la société (les risques écologiques, les paradoxes de la modernité, les questions sociales contemporaines...). Certaines ont été compilées dans un ouvrage publié en 2015 aux éditions Nhã Nam : La colère de nous rend pas innocents / Bức xúc không làm ta vô can qui a connu un grand succès. Dang Hoang Giang publiera un autre ouvrage Le Bien, le Mal et le Smartphone (Editions Nha Nam) au début de 2017 qui abordera de nouvelles questions d’actualité telles que le harcèlement en ligne, les questions de justice et dignité.

« Ce livre est un recueil d’articles anciennement publiés sur le net, déjà lus, partagés, discutés ainsi que d’autres inédits. “Bức xúc” est un mot de plus en plus utilisé dans la société vietnamienne. Il y a 10 ans, il n’y avait quasiment pas d’entrée sur Google, mais aujourd’hui vous en trouvez 10 fois plus que pour le sulfureux mannequin Ngọc Trinh. Dans ces textes j’aborde les grandes questions qui se posent aujourd’hui à notre société et notamment les paradoxes de notre modernité. Mais j’ai voulu les aborder “pragmatiquement”, au plus près du quotidien des gens. Je parle donc du fait de manger du chien qui est aujourd’hui un débat qui oppose deux camps dans la société, de l’habitude d’aller à la pagode pour demander la clémence et la générosité des dieux et des ancêtres, de la propension des femmes à pratiquer la chirurgie esthétique, de la destruction de la société traditionnelle par l’économie libérale, des effets du tourisme de masse, de la télé-réalité… Ce sont des analyses subjectives, des opinions que je développe et auxquelles je tente d’apporter des propositions de solutions. »

• Trần Ngọc Hiếu, docteur en littérature, professeur à l’ENS

Né en 1979, Trần Ngọc Hiếu a suivi ses études de lettres à l’université d’Hanoi. Spécialiste en théorie littéraire, il s’intéresse aussi à la littérature vietnamienne dans son ensemble (des contes populaires à la littérature contemporaine) ainsi qu’à la littérature comparée. Il a enseigné la littérature au lycée et enseigne aujourd’hui à l’ENS d’Hanoi. Sa thèse présentée en 2012 portait sur le jeu dans la poésie contemporaine vietnamienne.

« Étant professeur, je fais souvent face à la question : Pourquoi faut-il alimenter la réflexion des étudiants sur le Mal ? Et comment le faire ? En tant que chercheur littéraire, je dois constater que les oeuvres parlant du Mal de William Shakespeare, Fyodor Dostoeyvsky, Franz Kafka ou Primo Levi m’intéressent énormément. Ces ouvrages me font penser à la nature humaine, au sens du monde, à la douleur et à la capacité défensive des hommes dans un monde où existent des maux inexplicables. »

• Tạ Huy Long, peintre – illustrateur, éditions Kim Dong

Né en 1974, Tạ Huy Long a fait des études de design industriel avant de se lancer dans l’illustration pour la littérature jeunesse. Il a obtenu plusieurs prix et participé à quelques expositions au Vietnam (à Hanoi) et en France (à Angoulême). De 1999 jusqu’à maintemant, il collabore aux éditions Kim Dong à une série de bandes dessinées destinées à la jeunesse sur l’histoire du Vietnam et ses figures héroïques. Il illustre ensuite plusieurs contes et légendes (Il était une fois le griffon, La légende de Cuoï de la Lune), le mythe Lĩnh nam chích quái et la comptine de l’écrivain Tô Hoài L’aventure d’un grillon. Il a publié en 2014 un roman graphique pour la jeunesse Cửa sổ / La fenêtre (Nhã Nam - Thế Giới) qui a connu un grand succès. Rempli de mystère et de poésie, l’ouvrage nous raconte l’histoire d’un enfant solitaire dont les rêves, toujours à la lisière du cauchemar, sont peuplés d’un fantôme et de criquets magiques.

« Je n’aime pas beaucoup parler de moi. Je préfère travailler et dessiner. Mon dessin a évolué avec le temps. De mes représentations des héros nationaux surpuissants je suis venu, en passant par mon roman graphique qui parle un peu de mon enfance, à une représentation plus humaine des héros nationaux ou légendaires. »

Animation : Manuel BENGOECHEA, docteur ès lettres